Généralités sur la banque centrale

La Banque centrale est un organisme public dont la mission est de gérer la monnaie d’un pays ou d’un groupe de pays. Elle contrôle notamment la quantité de monnaie en circulation. Elle joue également le rôle de banque pour les banques. Elle met en place la politique monétaire, avec des mesures de taux d’intérêt comme son principal outil et la stabilité des prix et le plein-emploi comme ses principaux objectifs.

La banque centrale affecte indirectement la création monétaire par l’émission de la monnaie de règlement ultime, qui est utilisée pour les paiements entre les banques commerciales. Elle émet la monnaie fiduciaire, ou billets de banque et gère les réserves de change.

L’histoire

La mise en place des banques centrales est relativement récente. La Banque d’Amsterdam est la première banque publique à être créée à l’époque moderne en 1609, mais c’est la Banque d’Angleterre, créée en 1694, qui remplit pour la première fois le rôle de banque centrale. En plus de gérer un emprunt public, elle a centralisé les avoirs en monnaie métallique et est devenue la banque des banques. De son côté, la Banque de France est une banque privée fondée en 1803. Elle a obtenu le privilège d’émettre des billets à Paris puis l’a étendu à toute la France en 1848. Aux États-Unis, la banque centrale est plus récente, car la réserve fédérale n’a été créée qu’en 1914.

Les objectifs de la banque centrale ont été fixés progressivement, principalement en réponse aux modifications des systèmes monétaires.

La mission de la banque centrale

L’un des premiers rôles envisagés pour les banques centrales est celui de prêteur en dernier ressort. Selon Walter Bagehot en 1873, la stabilité monétaire est basée sur la confiance. Si cette confiance change, il existe un risque élevé que les clients des banques commerciales demandent à retirer leurs fonds, y compris de les convertir en métaux précieux ou en monnaies fiduciaires (billets de banque). Si de nombreux clients le font, la banque ne pourra pas répondre à la demande. Ce qui engendrera un phénomène de panique bancaire ou « run » : tous les clients se précipitent pour retirer leur argent, et c’est la faillite de la banque qui peut déclencher de nouvelles faillites dans une chaîne. La banque centrale est alors décrite comme l’institution qui peut résoudre ce risque en fournissant aux banques commerciales les liquidités nécessaires pour répondre à la demande des clients. Ce rôle, comme tous ceux assumés par les banques centrales, comporte le risque de générer un aléa moral. Cette mission est rapidement complétée par celle de stabiliser la valeur de la monnaie. Cette question, qui est au cœur des débats entre « principe bancaire » et « principe monétaire », pousse la banque centrale à prendre des mesures garantissant la stabilité du pouvoir d’achat aussi bien sur le marché intérieur qu’extérieur du pays en passant par la stabilité du taux de change.

L’efficience de la politique monétaire dépend de la crédibilité des banques centrales. Elle se mesure par deux éléments : l’indépendance de la banque centrale vis-à-vis du pouvoir politique et le privilège accordé aux politiques réglementaires plutôt qu’aux politiques discrétionnaires. La banque centrale est assurée par une réglementation statutaire, par le fait que le président ou le gouverneur de cette banque centrale dispose d’un mandat plus long que les dirigeants politiques. Elle doit également avoir une indépendance financière.

Les règles mettent l’accent sur la fixation d’objectifs définis tels que les cibles d’inflation, plutôt que de laisser la politique monétaire à la « discrétion » de la banque centrale, qui pourrait agir sur les prévisions de l’évolution des conditions économiques, voire sur les idéaux politiques de son conseil d’économistes.

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