Définition : graveur d’une pièce

Tous les ateliers monétaires disposaient d’un spécialiste « graveur », ayant pour mission la création des « coins » monétaires. Ils étaient en charge de la fabrication de pièces en acier creuses gravées, qui servaient de matrice lors de la frappe des pièces de monnaie. Il se chargeait également de réaliser les coins où le « flan » est placé. Pour rappel, le flan est le disque de métal destiné à recevoir l’empreinte pour devenir une pièce de monnaie. Le graveur était en quelque sorte un orfèvre qualifié pour créer des pièces. 

La difficulté du travail d’un graveur résidait dans la taille de la pièce à réaliser. Qu’elle soit une petite pièce de monnaie ou d’une médaille, plus grande, son travail devait se faire directement à l’échelle en gravant les poinçons. Par la suite, leur travail a été amélioré grâce aux tours à abaisser, qui sont des pantographes tridimensionnels, permettant la reproduction d’une forme à différentes échelles. Après l’arrivée d’un graveur général des monnaies de France, le travail du graveur local s’est vu être limité. Quant aux graveurs provinciaux, chargés de la reproduction du modèle réel, leurs travaux dépendaient essentiellement de l’approvisionnement et le réapprovisionnement des pièces de monnaie fournies par le roi, et se contentaient d’y apposer la date.

Les caractéristiques de gravure d’une pièce

Afin de confectionner les coins, l’artisan-graveur taillait les poinçons nécessaires à cet effet. Ces derniers étaient fabriqués à partir de tiges de fer dont les embouts représentaient les formes, les lettres, les chiffres et les motifs qui composeraient la future pièce. Ces motifs sculptés en relief étaient ensuite enfoncés dans le coin qui servirait de matrice pour produire les pièces en or ou en argent. Au Moyen Âge, la gravure des coins se faisait généralement en taille directe. L’usage des poinçons n’était pas encore courant jusqu’à la fin du Moyen Âge. Les poinçons offraient l’avantage en gain de temps dans la production de coins multiples. Il permettait également la standardisation des matrices monétaires. Le remplacement des pièces usées devenait ainsi rapide, car il était facile, car les matrices déjà établies permettaient une reproduction exacte des mêmes dessins autant de fois que cela est nécessaire. Les poinçons étaient gardés jalousement par les artisans et étaient réutilisés à chaque fabrication d’un nouveau coin au fil des ans. Les valorisant comme un véritable patrimoine personnel, les graveurs les transmettaient de génération en génération comme un précieux héritage.

Les avantages de travailler avec le graveur de pièces

Comme la fonction des filigranes de nos billets de banque aujourd’hui, les graveurs des pièces avaient pour mission principale de produire des pièces authentiques. Des marques visuellement reconnaissables devaient être apposées sur les pièces afin de garantir leur authenticité, en complément de leur authentification par le poids. À partir du règne de Louis XII (1498-1515), le portrait des monarques a également été gravé sur les pièces de monnaie. Ceci permettait au peuple du royaume de voir en image leur roi. Le rôle du graveur consistait ainsi à assurer la médiation entre le roi et ses sujets. De ce fait, son rôle était primordial. Le métier de graveur de pièces était spécialement encadré, contrôlé et organisé par les autorités royales. L’année 1550 est marquée par l’ouverture de nombreux ateliers de gravure de pièces par des graveurs particuliers pour répondre à la demande grandissante en pièces. En effet, ceci fait suite à l’augmentation conséquente du tirage des frappes de testons et des quarts d’écus, supporté par l’afflux de monnaies hispano-américain. Le rôle du graveur général se limitait désormais à la réalisation des poinçons à l’effigie du roi.



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