Définition: Le Louis d’or

Louis est la valeur nominale actuelle des pièces d’or françaises frappées entre 1640 et 1792. Par la suite, la pièce de vingt francs s’appelait « Louis » ou « napoléon ». La pièce porte le nom de Louis XIII, roi de France et de Navarre qui fut le premier à frapper cette pièce.

Sa création

C’est en 1640 que Louis XIII, par l’intermédiaire de Claude de Bullion, décide de réformer le système monétaire français, afin de stabiliser la monnaie, de lui redonner confiance, de concurrencer les autres monnaies d’Espagne telles que le doute ou la pistole, fournissant des liquidités pour faciliter les paiements puis réglés en grande partie sous forme de billets à ordre ou de créances et enfin incitant les paiements. Premier investissement refuge.

Avant cette date, la France possédait des pièces d’or : un écu d’or. L’écu d’or frappé sous Louis XIII pesait 3 375 g et équivalait alors à 5 livres Tournoi (LT) et 15 sols, soit 1 380 deniers, selon le système de comptabilité monétaire livre/sol/denier (1er).LT = 20 sols = 240 refusées), qui restera en vigueur jusqu’en 1795. La couronne d’argent a été frappée et connue sous le nom de « couronne de 6 livres ». Une livre équivaut à un peu plus de 0,6 g d’or pur.

La création du louis d’or fut dictée par la proclamation donnée à Saint-Germain-en-Laye le 31 mars 1640 : il pesait 6 752 g, soit la valeur de deux écus d’or, soit 11 livres, et 10 soles.

Au niveau comptable, les grosses sommes sont désormais exprimées en Louis et en livres, par exemple, un tableau acheté 10 Louis en 1645 équivaut à environ 110 livres. Louis n’a pas remplacé l’ancien système, il l’a complété et, surtout, l’a séparé de l’ambiguïté de la livre : par une série de réformes le roi pouvait décider qu’un louis valait combien de livres en plus ou en moins et c’est tout l’intérêt de cette réforme. Louis d’or instaure alors une forme de valeur refuge qui durera jusqu’à la Révolution française.

Production

Depuis l’époque d’Henri II, le « coup de crayon » concurrence peu à peu le « marteau », qui produit des pièces avec plus de précision et avec une meilleure rapidité. C’est le Cardinal de Richelieu qui l’initia et grâce à Jean Warin plus tard, par l’intermédiaire de son fils François, avec la « Balance à Vis Delaunay », cette technique deviendra incontournable dans tous les ateliers royaux du pays.

Cinq monnaies populaires sortent de l’atelier : demi-Louis, Louis, double Louis, quatre Louis et dix Louis. Parallèlement à ces pièces actuelles, un petit nombre de pièces ont été produites, une série de grandes pièces modulaires de huit, seize et vingt Louis, respectivement. La pièce de vingt Louis reste la plus grande et la plus lourde pièce d’or française jamais frappée en France et pèse 135,03 g. Ces pièces de joie et de prestige, destinées à offrir et à démontrer le savoir-faire de la Monnaie de Paris, n’ont pas circulé. Elles sont également l’œuvre du graveur de monnaie commune liégeois, Jean Warin.

Continuité

Fin 1792, le Louis de 24 livres pesant 7 649 g d’or à l’effigie du roi Louis XVI est remplacé par « l’Estampe de Génie » gravée par Augustin Dupré, qui porte une signification constitutionnelle et surtout, une dénomination (ce qui n’est pas le cas de l’Ancien Régime). Après le changement de monnaie, l’analyse décimale et l’émission du premier franc germé, une pièce de 20 francs pesant 6,451 61 g d’or, portait le portrait du premier consul de Bonaparte, futur empereur futur de Napoléon. Ce module d’or « 20 francs » à 900 millièmes (soit 5 805 g d’or pur) a été en vigueur de 1801 à 1914. Dès lors, le terme « napoléon » a commencé à concurrencer le terme « Louis ». Le dernier sera construit en 1914 avec un coq à droite et une effigie de Marianne au fond. Il existe plusieurs contre-attaques modernes du module Napoléon III ainsi que la pièce de 20 francs. En 1936, une pièce d’or de 100 francs de 6,45 g a été frappée, mais n’a jamais été mise en circulation.

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